Cet atelier s’adresse aux chercheur.euses et étudiant.es de doctorat en sciences économiques qui s’intéressent à l’économie des ressources naturelles et de l’environnement. L’atelier est animé par une équipe de professeurs.es composée de Geir B. Asheim (Université d’Oslo), Hassan Benchekroun (Université McGill), Sophie Bernard (Polytechnique Montréal), Etienne Billette de Villemeur (Université de Lille, UQAM), Robert Cairns (Université McGill), Justin Leroux (HEC Montréal), et Charles Séguin (UQAM).
Cet atelier sur l’économie des ressources naturelles et de l’environnement accueillera Agnès Tomini, chercheuse à l'École d'économie d'Aix-Marseille et Arnaud Goussebaïle, chercheur à l'École Nationale des Ponts et Chaussées.
→ Cet événement sera en anglais.
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Agnès Tomini, chercheuse à l'École d'économie d'Aix-Marseille
Optimal Groundwater Management with Ecosystem Feedbacks: A labor value approach
Résumé
Cet article développe un modèle de contrôle optimal en temps continu pour la gestion intégrée des eaux souterraines et des écosystèmes. Nous nous écartons de la littérature standard sur la gestion des eaux souterraines en intégrant deux caractéristiques structurelles. Premièrement, nous considérons un aquifère couplé dynamiquement à un écosystème dépendant. Deuxièmement, nous introduisons une valeur pour l'écosystème inspirée de la valeur travail définie par Ricardo (1831) : le flux productif que l'aquifère génère pour l'écosystème constitue un service non tarifé.
Cette modélisation a plusieurs implications intéressantes. Cette extension donne lieu à une règle de tarification de l'eau à trois composantes. Deux états d'équilibre apparaissent alors. Nous montrons en particulier qu'en dessous d'un seuil de viabilité minimale endogène des eaux souterraines, l'écosystème s'effondre à long terme. Nous dérivons ensuite les conditions d'un point de Skiba et des bifurcations.
- Arnaud Goussebaïle, chercheur à l'École Nationale des Ponts et Chaussées
Political Social Cost of Carbon with Overlapping Generations
Résumé
Cette recherche examine comment les contraintes politiques influencent le coût social du carbone (CSC), un concept central qui guide les politiques d'atténuation du changement climatique en évaluant les dommages à long terme causés par les émissions de gaz à effet de serre. Les approches standard du CSC font généralement abstraction de la dimension politico-économique de l'action climatique, négligeant le fait que les décisions d'atténuation sont prises par les générations actuelles, dont les préférences et l'influence politique façonnent les résultats collectifs. Pour combler cette lacune, je développe des modèles de générations qui se chevauchent avec des processus politiques fondés sur des données microéconomiques. L'analyse démontre que l'atténuation du changement climatique dans un contexte de contraintes politiques est généralement inefficace. En particulier, plus les dommages climatiques sont éloignés dans le temps, plus ils sont pris en compte de manière inefficace dans le SCC. Ce cadre fournit également une nouvelle justification pour taxer l'accumulation de capital. Enfin, les résultats montrent que l'ambition en matière d'atténuation dépend à la fois de l'altruisme des individus envers les générations futures et de l'influence politique des cohortes plus jeunes. Parmi ces facteurs, l'altruisme apparaît comme le moteur le plus puissant de l'action climatique.
