État du mieux-être et de la satisfaction des médecins de famille au Québec
Résultats d’un sondage auprès des médecins de famille
Le mieux-être des médecins de famille est un élément crucial non seulement pour la pratique de la médecine de famille, mais aussi pour la performance du système de santé. La médecine de famille au Québec se heurte à des défis majeurs, notamment la baisse de la rétention, la pénurie de médecins de famille et le manque d’attractivité de la profession. Afin de répondre aux défis actuels et de promouvoir la médecine de famille au Québec, une Table nationale de concertation sur la valorisation de la médecine de famille avait été mise sur pied en 2023 avec comme mandat d’élaborer un plan regroupant l’ensemble des mesures à prendre pour valoriser la pratique de la médecine de famille et en assurer la coordination. Le présent rapport présente les résultats découlant d’une collaboration entre l’équipe de recherche et le comité de suivi de la Table visant à décrire l’état de mieux-être et de satisfaction au travail des médecins de famille en pratique au Québec et à examiner les facteurs associés à leur mieux-être.
Un sondage transversal a été diffusé auprès de l’ensemble des médecins de famille en exercice au Québec (N = 10 591) entre décembre 2023 et juillet 2024. Au total, 1 252 répondants ont été inclus (taux de participation : 11,8 %). Le mieux-être a été mesuré à l’aide du Physician Well-Being Index (score de −2 à 9; ≥ 3 indiquant un risque de détresse). L’âge médian des répondants était de 43 ans et 69,6 % étaient des femmes. Les médecins travaillaient en moyenne 49,2 heures par semaine, dont 11,4 heures consacrées à des tâches administratives. Les principales sources d’insatisfaction concernaient le temps consacré aux tâches administratives (77,4 %), les ressources humaines (68,8 %), la charge de travail (54,1 %) et la conciliation travail-vie personnelle (42,9 %). Plus de la moitié des médecins (62,5 %) étaient à risque de détresse. La conciliation travail-vie personnelle constituait le facteur le plus fortement associé au mieux-être, suivie du sentiment d’épanouissement dans le rôle de médecin de famille, de l’exposition à des attentes démesurées ou à de la violence verbale de la part des patients, de la satisfaction envers les ressources humaines et du manque de connaissance des initiatives visant à améliorer le mieux-être.
Ces résultats mettent en évidence un niveau préoccupant de mieux-être chez les médecins de famille et identifient des leviers d’action prioritaires pour améliorer leurs conditions de pratique, leur satisfaction professionnelle et, ultimement, la performance du système de santé.